L’idéal chevaleresque à l’épreuve du transfert culturel : l’édition des « vieux romans » de chevalerie en France à la Renaissance
Third-party funded project
Project title L’idéal chevaleresque à l’épreuve du transfert culturel : l’édition des « vieux romans » de chevalerie en France à la Renaissance
Principal Investigator(s) Burg, Gaëlle
Organisation / Research unit Departement Sprach- und Literaturwissenschaften / Ältere franz. Literaturwissenschaft (Brancher)
Project start 01.08.2016
Probable end 31.03.2019
Status Completed
Abstract

Si la réception de l’héritage antique à la Renaissance a été abondamment explorée, ce n’est pas le cas pour le destin réservé aux œuvres médiévales dans la culture imprimée des 15e et 16e siècles, et plus particulièrement pour le roman de chevalerie. Ce projet voudrait interroger l’évolution de l’idéal chevaleresque entre Moyen Âge et Renaissance et remettre en cause le déclin supposé du roman de chevalerie au 16e siècle, conséquence a priori logique de sa mauvaise réputation. À une époque où la littérature française commence à se penser de manière rétrospective, avec l’apparition des premières Bibliothèques imprimées, l’opération de sélection, d’adaptation et de diffusion éditoriales des manuscrits médiévaux auprès de nouveaux publics relève d’une forme de transfert culturel. Celui-ci ne se limite pas à la simple conservation d’écrits voués à la disparition, mais participe à l’élaboration d’une représentation nouvelle des textes, des idéologies et des valeurs médiévales. On souhaiterait donc analyser la lecture que ces éditions renaissantes construisent de l’idéal chevaleresque médiéval et le statut qu’elles accordent à certaines de ses œuvres : simple matière première recyclable, cabinet de curiosités destiné au divertissement, réservoir de modèles éthiques, panthéon d’autorités à même de fonder une identité nationale, et donc prémisse d’une première bibliothèque patrimoniale moderne en langue vernaculaire ? D’autre part, on interrogera les effets de l’acte éditorial sur le statut du texte médiéval, à travers une approche à la fois diachronique et diatopique de parcours éditoriaux de « vieux romans », depuis leur support manuscrit, leur renaissance imprimée et jusqu’au déclin de la vogue littéraire du roman de chevalerie à la fin du 16e siècle. À quels censures ou remaniements les textes sont-ils soumis, tant sur le plan de leur contenu que de leur présentation matérielle ? Quels préjugés idéologiques gouvernent ces transformations et à quels horizons d’attente ces œuvres imprimées doivent-elles s’adapter ? Quelles sont les pratiques éditoriales communes ou divergentes entre ce corpus et celui des romans de chevalerie renaissants, à l’intérieur d’un même genre en construction ? Enfin, à quels usages du texte et à quelles lectures du Moyen Âge conduisent ces appropriations des romans médiévaux ? Ces questionnements engagent un réexamen du débat historiographique sur l’opposition « Moyen Age » / « Renaissance ». Ainsi, c’est à l’invention d’une réception que nous nous intéresserons, aussi bien dans ses modalités matérielles, ses ambitions commerciales et idéologiques que dans ses implications herméneutiques. Cette réception s’opère grâce à divers acteurs qui se posent en héritiers d’une tradition littéraire « nationale » (en tant qu’elle promeut la langue française et par là concourt au sentiment d’une unité politique).Cette recherche s’inscrira dans le cadre d’une thèse d’habilitation à l’Université de Bâle et ses résultats apparaîtront dans un ouvrage monographique.

Keywords Edition; Chevalerie; Imprimerie; Renaissance; Moyen Age; Roman; Patrimonialisation; Incunable
Financed by Swiss National Science Foundation (SNSF)
University of Basel
   

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16/09/2019